Le concept de virtuel et la fascination de la technologie informatique. Le virtuel entre Bergson et la technologie informatique
Le travail présent vise à élucider le concept du virtuel du philosophe français Henri Bergson et à l’appliquer aux technologies numériques modernes. La première partie du travail est une recherche centrée sur le concept du virtuel dans la philosophie de Bergson, notamment son oeuvre Matière et mémoire 1896. Il en découlera que le concept de virtuel, vu par la philosophie bergsonienne, est un concept qui ne peut s’appliquer qu’aux êtres vivants. Le concept de virtuel désigne ou bien bien le choix d’une action, ou bien la mémoire virtuellement et inconsciemment présente qui conditionne ce choix. L’actualisation de ce virtuel veut dire création car, dû à la durée, temporalité irréversible, l’actualisation n’est jamais égale aux virtualités qui la préfigurent. Au contraire de cela, les machines numériques fondées dans une mécanique qui est une extension de l’intelligence, ne connaissent pas de virtualité en tant que telle. Les machines n’ont pas de choix, car leur sens dépend exclusivement de nous qui les avons créées. Leur fonctionnement relève du possible et du réel. Si il y a virtualité dans les machines numériques, ce ne sera jamais qu’en relation avec nous qui utilisons notre virtualité afin de comprendre les signes des machines et afin de les construire. Nous trouverons que si les machines peuvent faire valoir notre virtualité, ce ne sera jamais qu’en communication ou en art. Mais il s‘avérera que les machines numériques ne sont pas neutres, que leur mode de fonctionnement prime leur function et que donc elles imposeront leur mode de fonctionnement à nous, ce qui conduira à une dévirtualisation de la société humaine.